LAVE L'ANGE De l’accointance des laveries automatiques et des églises.
     
LAVE L'ANGE De l’accointance des laveries automatiques et des églises.
Le lavage du linge pour les femmes, l'absolution des péchés pour les hommes.

Lorsque je suis en ville et que je souhaite de m'extraire du chahut, je fais une pause dans deux lieux particuliers : les laveries automatiques et les églises. Je m'y réchauffe, je m'y reconstitue, j'y contemple, j'y réfléchi.
Ces deux lieux permettent de passer du temps sans devoir consommer ou justifier de sa présence, fait actuellement assez rare pour être célébré.
Ils offrent l’intériorité, personne n'est obligé de tenir conversation avec son voisin.
Ils ont une odeur spécifique et reconnaissable.
Et surtout, on y pratique un nettoyage que l'on espère efficace. On y laisse ses émanations, ses miasmes et autres encombrements au vu et au su de tous. La propreté étant toujours éphémère, on y revient tôt ou tard.
Le lavage est historiquement du domaine des femmes. On parle d’hommes d’église, sa bonne marche leur est réservée. Chacun son domaine et pourtant, la recherche de la pureté est leur point commun.
Réaliser le parallèle entre 2 univers qui à priori n’ont aucun rapport m’intéresse. Nos logiques habituelles nous font séparer les notions étrangères l'une à l'autre dans des cadres stricts et déterminés. Je cherche à élargir nos champs d’interprétations sur ce que nous connaissons, ou croyons connaître. Ce pas de coté est nécessaire et roboratif, nous devons revoir nos modes de vie et nos actions sur le monde.
Laisser à une machine le soin de son linge et à l’Eglise le soin de son âme, ce besoin d’intermédiaire me questionne sur notre responsabilité. L’être humain laisse son destin dans les mains de la technologie ou de la religion, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que ce chemin est bien hasardeux.
Pour une preste efficacité, j’ai choisi un ton décalé et humoristique. Se pose alors un question cruciale de savoir si la position caustique envers la religion est possible. Je ne cherche aucunement le blasphème ou l’offense, j’ai toutefois conscience que je suis sur la limite. Le pamphlet ou la caricature ont toujours existé et le prix à payer est parfois cher pour les auteurs, risquant de provoquer l’autocensure. Et pourtant, ils sont indispensables à la pensée.
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