Instants de coté

Poser la question de ce que l’on rate à chaque minute, du lâcher-prise et de la frustration. Poser la question de la posture du photographe face au monde, du voyeurisme et de son appropriation du monde.
Généralement, le photographe fait suivre son matériel partout où il va. Dès qu’il identifie une bonne photo à faire, il déclenche, bien souvent quelles qu’en soient les circonstances et les conséquences.
Pendant un temps, j’ai été cette photographe accro à la bonne image, jusqu’à ne plus voir le monde qu’à travers elle. Aujourd’hui, je résiste à cette impulsion et je décide de me poser pour y réfléchir.
Mon protocole : je ne fais pas la prise de vue au moment où il faudrait la faire, mais j’y reviens ensuite, lorsque la “bonne photo” est passée. Je photographie alors l’endroit, et je décris ce qui aurait dû ou pu s’y trouver. Je me sens mieux.