Logorrhégraphie - Et moi, alors? dit Le Photographe

Le Photographe se met au service de l'objet photographique. Il est dans l'image, il est l'image. Il cherche à atteindre une sorte de perfection photographique, technique et artistique. Il n'en est pas moins être humain.
Pour changer, il peut s'approprier une place prépondérante dans sa photographie. S'il décide de prendre
son temps en tenant compte ce qu'il ressent, émergent alors la conscience de son corps, de ses pensées, de
ses humeurs, de ses émotions, de la température, ... Il se permet d'exister et d'en témoigner. Au risque, peut-
être, de tellement perturber son image que le tout devient difficilement lisible. A partir de quel moment la
vie propre du créateur devient-elle encombrante?
Notre cerveau reconstitue en permanence ce que voit l’œil pour en faire une image acceptable. L'appareil
photo n'a pas cette capacité. Il prend ce qu'on lui donne sans remettre la photo dans son contexte. Faire des
prises de vue sur 180° en vertical et horizontal puis reconstituer ce sujet donne un résultat incongru, comparé
à ce que le cerveau est capable de faire. Les perspectives et les formes sont modifiées, la compréhension du
sujet devient complexe. La photographie, censée représenter la réalité, est prise en flagrant délit d'imposture.